Lors de la commémoration du 11 Novembre, la municipalité s'est félicitée du nombre de citoyens qui se sont déplacés afin de rendre hommage à nos poilus.
En effet, les habitants aiguèzois, le conseil municipal, les adjoints, le maire, l'école de saint-Julien de Peyrolas (représentée ce jour par Julie Dibon, maîtresse des CM1 CM2) ainsi que les enfants et adolescents se sont rassemblés près du monument aux morts pour cette traditionnelle commémoration.
Aprés, le dépôt de fleurs par les plus petits, la Marseillaise,la lecture par les enfants de l'école d'une lettre d'un "poilu",l'appel aux morts, le discours du secrétaire général aux anciens combattants, le maire a tenu un discours qui avait pour but de nous questionner sur notre société, sur ces fléaux actuels et sur la nécessité de vivre ensemble. Tout cela sous le regard de notre porte drapeaux Jean-Paul Ventajol.
Ce moment s'est terminé par le verre de l'amitié sous l'olivier et sous le "regard" de la mairie portant les symbôles de la république. Nous remercions à cette occasion Alexandre PERRIER de la petite boulange (entreprise aiguèzoise) qui nous a offert gracieusement ses pizzas.
Ci-après le discours du maire :
Mesdames et messieurs, chers amis Aiguèzois,
Il y a 100 ans, 1917.
Pour ne citer que
quelques faits, une année marquée par :
Le 6 avril : le
congrès américain vote l’entrée en guerre des Etats Unis au côté des alliés,
Le 16 avril : le début de la bataille tragique
du Chemin des Dames,
Le 4 juin : le
vote par la chambre de la poursuite de la guerre jusqu’à la restitution de
l’Alsace et la Lorraine,
Encore une année sanglante et de nombreux sacrifices humains
civils et militaires.
Il est naturel, que
100 ans après ce conflit nous ayons toujours des moments de recueillement, des
moments de souvenir pour honorer nos ainés qui souvent au sacrifice de leur vie
et de leurs meilleures années ont permis à la France de devenir un pays de
liberté.
Tous les combattants
de ce conflit sont aujourd’hui disparus. La grande guerre est passée dans la
mémoire de l’histoire.
100 ans après, alors
que des millions d’hommes et de femmes se sont sacrifiés pour un idéal,
Même si la vie
pourrait être encore meilleure, si tout ne va pas trop mal pour la très grande majorité
de nos concitoyens, si nous vivons dans un pays libre, si nous pouvons nous
exprimer,
100 ans après, il
parait important de s’interroger :
POURQUOI ?
Pourquoi des hommes
continuent à se déchirer au nom de religions qui pourtant prêchent l’amour et
la paix,
Pourquoi des hommes
tuent des innocents par des actes lâches lors d’attentats terroristes ?
Pourquoi des hommes
cherchent-ils par des moyens douteux à mettre en péril la vie sociale en profitant
et en entretenant les doutes de certains ?
Pourquoi des hommes
menacent la paix et la quiétude pour défendre leurs seuls intérêts ?
Pourquoi des peuples ou
des communautés aspirent à l’indépendance, à l’autonomie, pourquoi d’autres
comme les pieds noirs revendiquent un territoire ?
Pourquoi la une des
médias est-elle consacrée à la naissance de bébés panda alors que des milliards
d’êtres humains sont dans la misère et souffrent de faim ?
Pourquoi, alors que
nous avons tous les moyens modernes de communiquer les choses deviennent-elles
si compliquées, les échanges artificialisés,
Pourquoi la majorité des
français ne se trouvent concernés que par leurs propres intérêts ?
Le pasteur Martin
Niemöller évoquait la lâcheté des intellectuels allemands au moment de
l’accession des nazis au pouvoir : « quand ils sont venus arrêter les communistes, je n’ai rien dit ;
quand ils sont venus arrêter les juifs, je n’ai rien dit ; aujourd’hui ils
m’arrêtent et je ne comprends pas pourquoi personne ne dit rien ».
Peut-être est-il temps
aujourd’hui de réfléchir à ce qui pourrait être le bon sens, de se poser les
bonnes questions, de réagir, de définir où sont nos priorités pour vivre
mieux encore.
Et comme je l’ai déjà
évoqué l’année dernière les premières actions doivent débuter dans notre
environnement immédiat, dans notre rue, dans notre village. Elles doivent contribuer
à mieux vivre ensemble ; à accepter nos différences pour en faire une
source de richesse.
Utopiste, peut-être, peut-être pas
et je l’espère car il faut en toutes circonstances rester optimiste. Donneur
de leçons, certainement pas car il faut rester réaliste et que chacun
fasse avec ses idées et ses moyens.
A Aiguèze, nous avons
la chance d’avoir un village et héritage exceptionnels, d’avoir de nombreuses
associations dynamiques, d’avoir un maillage soudé de bénévoles qui ne comptent
pas leur temps au service des autres. Tout cela, Toutes et tous, ils
constituent le socle de départ du mieux vivre ensemble, un art de vivre qu’il
faut développer pour nous et nos enfants, mais aussi pour honorer la mémoire de
ceux qui nous ont précédé et ont sacrifié leur vie afin qu’aujourd’hui nous
puissions vivre dans un tel monde.
Je vous demande pour
terminer d’avoir une pensée pour tous les hommes et femmes, militaires et
civils, qui sont engagés dans le monde pour défendre nos valeurs.
Vive la paix, vive la
république, vive la France, et vive Aiguèze.